Il faut tenter de vivre

par CafardNahHomme

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Je suis allée voir Le vent se lève de Miyazaki. Étrangement, il m’a rappelé ses débuts, l’atmosphère de Nausicaa et de ses premiers films. Certes la plupart de temps Miyazaki n’offre pas à ses personnages un bonheur entier, toujours emprunt d’une nostalgie, d’une blessure que seul le temps saura guérir mais c’est plus frappant de ce dernier film. Le rêve est atteint mais amère, le personnage principal même (un jeune ingénieur en aéronautique plus qu’ambitieux) est incomplet, rêve et amour finissant par l’abandonner, son mentor lui expliquant que les avions sont magnifiques mais maudits et ne sont pas fais pour revenir.

Encore une fois, Miyazaki nous propose des personnages forts et purs. Dans un Japon tentant de rattraper ses retards technologiques en pleine seconde guerre mondiale, le cinéaste nous offre une femme qui décide de partir vivre ses derniers instants, gardant pour elle douleurs et regrets, laissant à ce qu’elle chérie des souvenirs heureux ; un héros qui vit pour son rêve, jusqu’à s’y retrouver enchaîné, sans que l’amour qu’il éprouve pour sa femme ne puisse l’en détacher.

La seule chose qui m’a un peu déplu (un rien je vous assure), se sont les ellipses temporelles, très nettes et compréhensives pour les premières mais plus le film avance plus elles deviennent comme floues et plus difficiles à discerner. Mais cela n’enlève en rien la poésie et le charme de ce film.

Miyazaki signe un dernier film digne de sa vie de cinéaste, et lorsque le « mentor » du héros (ingénieur italien) explique qu’indubitablement la création, que se soit pour un ingénieur ou un artiste, ne dure que dix ans, n’est-ce pas le réalisateur lui-même qui fait le vœux de laisser place à une nouvelle génération de rêveurs ?

J’attends vos impressions,

Camille.

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