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« Le beau est l’ennemi de l’expression »

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Certains d’entre vous on peut-être eu l’opportunité d’aller écouter, ce samedi 15 mars à la Cité de la Musique, le violoniste Christian Tetzlaff jouer entre autre le Concerto pour violon en Ré du classico-romantique L. van Beethoven, accompagné du Chamber Orchestra of Europe sous la direction de Vladimir Jurowski. N’ayant pas eu cette chance, et adorant ce concerto (notamment la version sublime qu’en a fait Hilary Hahn avec David Zinman chez Sony-BMG), je me suis rabattue sur le disque que Christian Tetzlaff a enregistré chez ArteNova, avec également David Zinman.

Deux versions incroyablement différentes, une grande sensibilité sans sensibleries avec une sonorité majestueuse et bluffante surtout dans le registre aiguë pour Hilary Hahn, contre une certaine rage chez Christian Tetzlaff qui joue à vif, avec une sensibilité où les émotions tranches, sans échappatoire.

C’est lui même qui déclara « le beau est l’ennemi de l’expression ». J’avoue ne pas avoir saisi sa pensé au premier abord, ne voyant pas la contradiction qu’il annonçait. Et ce n’est qu’après avoir écouté sa version de ce concerto de Beethoven que je crois avoir compris ; il arrive, lorsque l’on est en compagnie d’une personne que l’on trouve belle, d’en oublier malgré soi l’importance de son discours, absorbé par le charme qu’elle exerce. Une qualité sonore exceptionnelle empêcherait, ou tout du moins, s’avêrerait gênante à l’écoute, la compréhension d’une oeuvre. C’est ce que se veut Christian Tetzlaff qui ne cherche alors pas à faire du « beau », sans que son interprétation ne s’en révèle moins intéressante.

Malheureusement peut-être, si je devais choisir, je pencherais pour l’interprétation d’Hilary Hahn, sa magnificence sonore, ses charmes me font à chaque fois succomber (pour une première écoute c’est la version que je conseillerais, me semblant être la plus accessible).

Concerto pour violon en Ré par Hilary Hahn 

Concerto pour violon en Ré par Christian Tetzlaff

Je vous laisse vous faire séduire,

Camille.

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Il faut tenter de vivre

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Je suis allée voir Le vent se lève de Miyazaki. Étrangement, il m’a rappelé ses débuts, l’atmosphère de Nausicaa et de ses premiers films. Certes la plupart de temps Miyazaki n’offre pas à ses personnages un bonheur entier, toujours emprunt d’une nostalgie, d’une blessure que seul le temps saura guérir mais c’est plus frappant de ce dernier film. Le rêve est atteint mais amère, le personnage principal même (un jeune ingénieur en aéronautique plus qu’ambitieux) est incomplet, rêve et amour finissant par l’abandonner, son mentor lui expliquant que les avions sont magnifiques mais maudits et ne sont pas fais pour revenir.

Encore une fois, Miyazaki nous propose des personnages forts et purs. Dans un Japon tentant de rattraper ses retards technologiques en pleine seconde guerre mondiale, le cinéaste nous offre une femme qui décide de partir vivre ses derniers instants, gardant pour elle douleurs et regrets, laissant à ce qu’elle chérie des souvenirs heureux ; un héros qui vit pour son rêve, jusqu’à s’y retrouver enchaîné, sans que l’amour qu’il éprouve pour sa femme ne puisse l’en détacher.

La seule chose qui m’a un peu déplu (un rien je vous assure), se sont les ellipses temporelles, très nettes et compréhensives pour les premières mais plus le film avance plus elles deviennent comme floues et plus difficiles à discerner. Mais cela n’enlève en rien la poésie et le charme de ce film.

Miyazaki signe un dernier film digne de sa vie de cinéaste, et lorsque le « mentor » du héros (ingénieur italien) explique qu’indubitablement la création, que se soit pour un ingénieur ou un artiste, ne dure que dix ans, n’est-ce pas le réalisateur lui-même qui fait le vœux de laisser place à une nouvelle génération de rêveurs ?

J’attends vos impressions,

Camille.